Expériences de traduction ...
Blog de Michel Politis, Professeur au Département de Langues Étrangères, de Traduction et d'Interprétation de l'Université ionienne (Corfou - Grèce)

Δευτέρα, 16 Μαΐου 2011

Διεθνές συνέδριο: Rhétorique et traduction (Πανεπιστήμιο Ορλεάνης, 26-27 Ιανουαρίου 2012)

Colloque international. Rhétorique et traduction

Université d’Orléans (France)
26-27 janvier 2012
5 rue du Carbone (Bât IRD)

Date limite: 1er juin 2011

Organisé par SEPTET, Société d’Etudes des Pratiques et Théories en Traduction et LLL, Laboratoire Ligérien de Linguistique

Comité organisateur 
Pierre Cadiot (Université d’Orléans)
Florence Lautel-Ribstein (Université d’Artois)
Antonia Cristinoi (Université d’Orléans)
Gabriel Bergounioux (Université d’Orléans) ( ?)

Pour les Latins, le terme de Traductio désignait une figure de rhétorique. On mesure ainsi la pertinence d’une rencontre portant sur les liens entre traduction et rhétorique.
Aujourd’hui, la rhétorique, tout comme la traduction, rapproche des champs disciplinaires variés : linguistique, littérature, anthropologie culturelle, philosophie du langage, etc.
Les différents axes de travail suivants pourront être explorés :

1. La traduction et la nature de la rhétorique

La rhétorique peut-elle être encore aujourd’hui conçue comme un ajout, un supplément d’âme et de présentation, voire même un masque (plutôt qu’un visage) ? Autrement dit, la rhétorique cessant progressivement de se confondre comme dans l’Antiquité gréco-romaine avec l’art de dire, mais aussi de penser, peut-elle être confondue avec un ensemble de procédés, qui sans être strictement ornementaux, l’engage néanmoins dans le sens d’une esthétique seconde, comme c’est le cas chez un Fontanier par exemple ? Le traducteur doit-il alors considérer qu’un « contenu » invariant est ainsi masqué ? Par voie de conséquence, la rhétorique peut-elle se confondre avec un aspect de l’art du traducteur qui serait de faciliter (mais aussi éventuellement d’agrémenter) la lecture ? Les dimensions clairement « rhétoriques » du texte-source (par exemple les questions précisément dites « rhétoriques », liées à la seule gestation du texte) doivent-elles être gommées dans le travail du traducteur ?

La rhétorique du traducteur a-t-elle une dimension « critique » ? Est-elle censée véhiculer (aussi) le point de vue singulier du traducteur ? Quelle est la part de la rhétorique dans le fait qu’historiquement les traductions ont si souvent fait l’objet d’adaptations marquées par la censure, l’idéologie, la volonté pédagogique, etc ? Quels sont les liens avec l’argumentation ? Le texte, la « lettre », doivent-ils dans l’acte de traduire s’effacer derrière des intentions, représentationnelles, polémiques et autres ? La rhétorique est-elle une « technique » ou un art « tactique ? Le traducteur doit-il être rusé ?

Doit-on à rebours s’attacher à relever, comme le fait un Dumarsais, des liens étroits entre grammaire et rhétorique (nonobstant le trivium médiéval) ? La rhétorique, au contraire de l’idée commune, plonge-t-elle ses racines au cœur même de la langue ? Quelles seraient les conséquences d’une réponse positive pour la traduction ?

2. La traduction entre champs rhétorique, poétique et émotionnel

Quels sont les liens entre rhétorique en tant que visée d’action, proche de la pragmatique moderne et poétique en tant qu’imitation d’action (mimesis) ? La traduction doit-elle être conçue comme une action, rendre le texte-source toujours plus efficace, ou doit-elle déployer et explorer les sources de sa propre poéticité ?

la rhétorique est-elle délibérément « cibliste » ? Est-elle idiosyncrasique, un art différent dans chaque langue particulière… ou relève-t-elle au contraire de techniques tendanciellement universelles ?

La distinction entre rhétorique et poétique ne serait-elle pas une conséquence d’une vision réductrice de ce qu’était la rhétorique des origines, celle d’Aristote, comme semblent en attester certaines des plus récentes traductions de son texte fondateur et qui montrent l’indissociabilité non seulement des propriétés sémantiques et esthétiques du langage, mais aussi de ses propriétés esthétiques et poétiques ?

On pourra s’interroger sur l’instabilité du statut de l’émotion et de ses inscriptions passionnelles dans le champ rhétorique. Qu’à l’occasion d’un événement émotionnel, on convoque le concept de thymie en sémiotique, ou tout autre concept affine, comment cette « subconscience » où se déploient les instances affectivo-émotives est-elle saisie dans l’acte traductif ?

3. Rhétorique et traduction dans leurs dimensions philosophiques et sémiologiques

D’une part :

la rhétorique ne serait-elle pas au fond de nature philosophique ? Peut-on y voir l’art même de former des concepts en les délivrant ?

la rhétorique se confond-elle avec la pragmatique moderne (wittgensteinienne, austinienne …) ?

D’autre part :

Quels liens avec la sémiologie et/ou la sémantique discursive et textuelle ? Comment la traduction doit-elle prendre en compte des effets comme l’idiomaticité, le cliché, le stéréotype, l’emblèmatisation, les « métaphores conceptuelles », etc. Les questions évidemment décisives de l’analogie, de la polysémie, de l’implicite, de l’inférence, comme mécanismes de production des textes sont-elles rhétoriques et relèvent-elles à ce titre d’un chapitre autonome de l’art du bien traduire ?

Et finalement :

Quels liens entre rhétorique, traduction et phénoménologie : le « contenu » peut-il être distingué de son apparaître, de ses modalités de donation ? L’essence figurale du langage renvoie à l’expérience immédiate, au « corps vécu » ? La traduction est sans arrêt confrontée à cette alternance de présentation (figurale, motivée, phénoménologique) et la gestation de contenus de représentation. Tout accès au réel est partiel, de l’ordre de l’esquisse, mais il s’impose avec la force du tout : ce que la tradition figure en termes - trop analytiques - de métaphore, métonymie, synecdoque, etc. renvoie à cette réalité en quelque sorte anthropologique. Mais très différemment d’une langue à l’autre. Comment la traduction doit-elle affronter ce problème ?

Calendrier
1 juin 2011 : envoi d’un résumé de deux pages environ et d’une courte bio-bibliographie à Florence Lautel-Ribstein :
30 juin 2011 : notification de la décision du Comité scientifique
1 mars 2012 : envoi des articles (max. 45, 000 caractères espaces compris) à Camille Fort

Les textes des communications seront publiés dans la revue SEPTET, Des mots aux actes (ou le cas échéant soumis à la revue R.S.P.)

Comité scientifique 
Antonia Cristinoi (Université d’Orléans)
Annie Cointre (Université de Metz)
Véronique Duché (Université de Melbourne)
Camille Fort (Université de Picardie)
Jean-René Ladmiral (Université de Paris Ouest-Nanterre et ISIT)
Michèle Lorgnet (Université de Bologne)
François Nemo (Université d’Orléans)
Yen-Mai Tran-Gervat (Université de Paris III)

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