Expériences de traduction ...
Blog de Michel Politis, Professeur au Département de Langues Étrangères, de Traduction et d'Interprétation de l'Université ionienne (Corfou - Grèce)

Σάββατο, 13 Οκτωβρίου 2018

Διεθνές συνέδριο: L’ENSEIGNEMENT ET L’APPRENTISSAGE DES LANGUES SECONDES ET ÉTRANGÈRES : ENTRE CONTINUITÉS ET SPÉCIFICITÉS, 13-14 mai 2019 Université de Sherbrooke, Québec, Canada


L’ENSEIGNEMENT ET L’APPRENTISSAGE DES LANGUES SECONDES ET ÉTRANGÈRES : ENTRE CONTINUITÉS ET SPÉCIFICITÉS

8e colloque international sur la didactique des langues secondes (CIDLS8)

13-14 mai 2019 Université de Sherbrooke, Québec, Canada




Date limite: 31 octobre 2018

Acceptation annoncée : 3 décembre 2018

Langues officielles du colloque : français et anglais

Le Collectif de recherche sur la continuité des apprentissages en lecture et en écriture, de l’Université de Sherbrooke, en collaboration avec l’Université Bishop’s, vous convie au 8e colloque international sur la didactique des langues secondes (CIDLS8). Le colloque vise à mettre en valeur les recherches en didactique des langues, les approches pédagogiques novatrices et les pratiques basées sur des appuis théoriques dans le contexte de l’enseignement postsecondaire actuel. Le CIDLS8 offrira un forum propice au partage des recherches et des pratiques pédagogiques, aux collaborations futures et aux discussions portant sur les succès et les défis que présentent les situations d’enseignement et d’apprentissage selon les deux axes suivants : les continuités et les spécificités.

L’axe des continuités

        La continuité dans le parcours de formation: quel arrimage avec les apprentissages antérieurs? Quelle progression des apprentissages? Un apprentissage tout au long de la vie?

        La continuité des apprentissages entre les langues première, seconde, étrangère: vers une didactique du plurilinguisme?

        La continuité entre les contextes formels et informels d’apprentissage: apprentissage communautaire et expérientiel vs apprentissage académique; vers de nouveaux liens et des innovations pédagogiques à l’ère numérique?

L’axe des spécificités

        Quelles approches pédagogiques pour enseigner les langues dans l’enseignement postsecondaire?

        Quelle prise en compte des profils des apprenants ?

        Quelles finalités d’apprentissage : des langues sur objectifs spécifiques, un apprentissage des genres académiques, la préparation à des compétences professionnelles?

        Quelle formation des enseignants de langues du postsecondaire?

Conférenciers invités

        Jean-Marc Defays, professeur à l’Université de Liège (Belgique), Président de la Fédération internationale des professeurs de français

        Katherine Rehner, professeure à l’Université de Toronto-Mississauga et à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario (Canada)

        Miles Turnbull, vice-principal académique de l’Université Bishop’s (Québec, Canada)

Les propositions de communication (20 minutes), d’atelier interactif (60 minutes) et/ou de session thématique (60 minutes, 3-4 intervenants) doivent porter sur les axes susmentionnés ou sur tout autre sujet directement relié au thème du colloque.

Les propositions de communication (maximum 300 mots) doivent être soumises en français ou en anglais avant 23 h 59 (heure de l’Est) le 31 octobre 2018, en utilisant le formulaire accessible à la gauche de l’écran (bouton Soumettre un résumé).

Différents projets de publication sont envisagés pour la diffusion ultérieure d’une partie des travaux qui seront présentés.

Pour joindre le comité organisateur CIDLS8 :


Comité scientifique


Katia Aily de Camargo (Université fédérale du Rio Grande do Norte)

Frédérique Arroyas (Université de Guelph)

Catherine Caws (Université de Victoria)

Jeroen Darquennes (Université de Namur)

Simone Dantas-Longhi (Universidade Federal de Viçosa)

Olivier Dezutter (Université de Sherbrooke)

Flavia Fazion (Centre de langues du Parana)

Nicolas Guichon (Université Lumière-Lyon2)

Corinne Haigh (Université Bishop’s)

Marie-Josée Hamel (Université d’Ottawa)

Rosa Junghwa Hong (Université de Toronto à Mississauga)

Sunny Man Chu Lau (Université Bishop’s)

Denis Liakin (Université Concordia)

Natallia Liakina (Université McGill)

Eliane Lousada (Universidade de São Paulo, Université de Guelph)

Laura Masello (Université de la République, Uruguay)

Deborah Meunier (Université de Liège)

Denise Mohan (Université de Guelph)

Stéphanie Nutting (Université de Guelph)

Émmanuelle Rassart (Université de Louvain)

Julie Sykes (Université de l’Oregon)

Lynn Thomas (Université de Sherbrooke)

Adelina Vasquez Herrera (Université autonome de Queretaro)

Comité exécutif du CIDLS8

Rosa Junghwa Hong (Université de Toronto à Mississauga)

Natallia Liakina (Université McGill)

Eliane Lousada (Universidade de São Paulo, Université de Guelph)

Anne-Sophie Troit (Université de Guelph)


Τετάρτη, 3 Οκτωβρίου 2018

Διεθνές συνέδριο: APPEL À COMMUNICATIONS : "Didactiques plurilingues et médiations inter/trans-culturelles : prendre en compte le patrimoine culturel des élèves pour construire une société inclusive et plurielle", Le Mans (France) 28-29 mars 2019

APPEL À COMMUNICATIONS
    
           
Didactiques plurilingues et médiations inter/trans-culturelles : prendre en compte le patrimoine culturel des élèves pour construire une société inclusive et plurielle
28-29 mars 2019 Le Mans (France)

Date limite: 30 novembre 2018


1. Contexte de l'appel

Le colloque s’inscrit dans l’axe 2 du programme de recherche Amicaé° « Analyse des Médiations Innovantes de la Culture et de l'Art pour une Europe ouverte » (RFI Alliance Europa). L’objectif du volet éducatif de cet axe est d’observer, expérimenter, accompagner et analyser des pratiques de classe innovantes, prenant en compte la diversité linguistique et culturelle des élèves. Plus particulièrement, nous cherchons à observer l’éventuelle influence des actions mettant en œuvre la découverte et le partage du patrimoine culturel matériel et immatériel de chacun(e), sur les apprentissages (notamment langagiers) des élèves : apprendre à se reconnaitre et à agir en tant qu’acteur d’une identité plurielle (re)composée (Perregaux et al., 2001). Nous cherchons en outre à analyser si et comment ces actions peuvent influer sur le regard que les différents acteurs concernés (enfants/adolescents, acteurs éducatifs, parents) portent sur leur(s) langue(s) et culture(s), et sur la place de celles-ci dans leur capacité à agir dans et sur le monde.

Le volet de cet axe de recherche pose notamment les questions suivantes :

- Ces pratiques à la fois outil de médiation et outil de compréhension de l’autre facilitent-elles une recomposition identitaire non conflictuelle pour ces jeunes en situation d’exil, permettent-elles de lever les obstacles culturels ou psychoaffectifs qui peuvent entraver leur parcours ?

- Quels enjeux pour l’Ecole et la formation des acteurs éducatifs les pratiques actuelles d’accueil des élèves migrants observées, en France et à travers l’Europe, (ré)interrogent-elles ou de quels enjeux se font-elles l’écho ?

- La prise en compte et le partage du patrimoine culturel matériel et immatériel de l’élève changent-ils le regard sur l’élève migrant ou de façon plus large, sur la diversité linguistique et culturelle et la façon de l’appréhender en classe / formation ? Et si oui comment ?

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2. Thématiques du colloque

Ce colloque rassemblera des contributions de l’équipe du programme de recherche (Allemagne, Autriche, France, Grèce, Hongrie, Portugal, Suisse) et des contributions de chercheur(e)s extérieur(e)s au programme dont les thématiques et problématiques de recherche croisent l’un ou les champ(s) suivant(s) :

Analyses de pratiques et situations d’apprentissage (formelle ou informelle, scolaire ou non)  prenant en compte le patrimoine langagier et culturel (matériel et immatériel) des élèves (enfants, adolescents ou jeunes adultes), qu’ils soient allophones arrivants ou enfants d’une famille installée dans le pays d’accueil depuis plusieurs générations :

  • Quelles pratiques et quelles stratégies didactiques / éducatives

1) - d’accès aux ressources culturelles des élèves, produits ou héritages de leur histoire,

2) - de mobilisation et de transmission / valorisation / transformation de ces ressources actualisées et renouvelées dans un « ici » et « maintenant »?

  • A quelles « productions » de classe ces pratiques et stratégies mènent-elles (livres, saynettes, exposés, expositions, etc.) ? Comment ces productions rencontrent-elles ou s’approprient-elles le(s) genre(s) scolaire(s) et participent-elles ainsi aux objectifs visés dans les Programmes (acculturation à l’écrit, appropriation des langues définie comme « une transformation, en confrontation avec l’histoire et l’altérité des personnes, des situations, des “langues” » (Castellotti 2017), etc.) ?
  • Quels sont les sens, place et le rôle de ces pratiques dans la recomposition identitaire de ces jeunes, notamment en ce qui concerne les relations intergénérationnelles, le partage du patrimoine familial ou encore les enjeux vers davantage de cohésion sociale ?
  • Quels sont les rôles et places des parents, et de la famille, dans ces actions, comment y prennent-ils part ? Quels sont les leviers sur lesquels ils s'appuient pour prendre en compte leurs langue et leurs cultures ?

Formation des enseignants et des acteurs éducatifs :

  • Quels partenariats ou quelle pluridisciplinarité entre acteurs éducatifs et acteurs du patrimoine ces pratiques impliquent-elles ?
  • Quels sont les enjeux pour la formation des enseignants, pour les départements d’enseignement et de recherche d’histoire et didactique des langues ?
  • De quelles façons des actions associant le regard des métiers du patrimoine et de la culture dans les pratiques de classe réinterrogent-elles les pratiques de classe autour des langues et du langage, et de façon plus large la didactique des langues et les didactiques plurilingues ?

Bibliographie

Castellotti, V. (2017) Pour une didactique de l’appropriation : diversité, compréhension, relation. Paris : Didier.

Castellotti, V. et Moore, D. (2012). Valoriser, mobiliser et développer les répertoires plurilingues et pluriculturels pour une meilleure intégration scolaire. L’intégration linguistique et éducative des enfants et des adolescents issus de l’immigration. Strasbourg: Études et ressources, division des politiques linguistiques, Conseil de l’Europe.

Cucciniello, R. (2011). « La filiation à l'épreuve de la migration : une transmission controversée ? » Enfances & Psy, 50,(1), 108-118. doi:10.3917/ep.050.0108.

Dagenais, D., Moore, D., Sabatier, C., Lamarre, P. et Armand, F. (2009). Linguistic landscape and Language Awareness. In D. Gorter et E. Shohamy (dirs). Linguistic Landscape: Expanding the Scenery (p. 253-269). LEA/ Routledge.

Fabregat, M. (2009). « Défauts de transmission symbolique dans la migration. », Dialogue, 185,(3), 29-42. doi:10.3917/dia.185.0029.

Goï, C. (2015) « Langues et rencontre interculturelle en éducation : loyautés, conflits, autorisations », dans D. Lee-Simon et al. Accueillir l’enfant et ses langues : rencontres pluridisciplinaires sur le terrain de l’école. Paris : Riveneuve Éditions, p 95-118.

Idris, I. (2009). « Cultures, migration et sociétés : destin des loyautés familiales et culturelles chez les enfants de migrants. » Dialogue, 184,(2), 131-140. doi:10.3917/dia.184.0131.

Moro, M.-R. (2010). Nos enfants demain. Pour une société multiculturelle. Paris : O Jacob.

Moro, M.-R. (2012) Les enfants de l’immigration. Une chance pour l’école. Entretien avec J et D Peiron. Paris : Bayard.

Perregaux, C., Ogay, T., Dasen, P., & Leanza, Y. (Eds.). (2001). Intégrations et migrations : regards pluridisciplinaires. Paris: Harmattan.

Vatz Laaroussi, M. (dir.) (2015) Les rapports intergénérationnels dans la migration. De la transmission au changement social. Presses de l’Université du Québec, coll. Problèmes sociaux et interventions sociales.

Vatz Laaroussi, M. (2001) Le familial au cœur de l’immigration. Stratégies de citoyenneté des familles immigrantes en France et au Québec. Paris : L’Harmattan

Σάββατο, 29 Σεπτεμβρίου 2018

Κάρολ Μπέκερ: Η πρώτη υπότροφος του Ιδρύματος Fulbright (1989) στο ΤΞΓΜΔ του Ιονίου Πανεπιστημίου θυμάται...

Κάρολ Μπέκερ: «Κομμάτι της ζωής μου το να επιστρέφω στην Ελλάδα»
Την πρώτη φορά που έκανα αίτηση για υποτροφία Fulbright στην Ελλάδα, απορρίφθηκα. «Θα σκεφτόσασταν να πάτε στην Πολωνία; Το κρέας δεν μοιράζεται πια με το δελτίο. Θα ήταν ιδανική περίοδος να πάτε», μου είπε η εκπρόσωπος του ιδρύματος. Καθώς μιλούσαμε, αγνάντευα από το παράθυρό μου το Σικάγο. Ήταν μια μέρα του Ιανουαρίου με χαλάζι και, παρότι τα μισά μου γονίδια είναι πολωνικά, μπορώ να πω με πάσα ειλικρίνεια πως η συγκεκριμένη δεν ήταν δελεαστική προσφορά. Εκτός από το Αιγαίο και τη Μεσόγειο, με απασχολούσε επίσης η έρευνα των Ελληνίδων ποιητριών. Έπρεπε να βρεθώ στην Ελλάδα. Την επόμενη φορά που έκανα αίτηση, έλαβα το τηλεφώνημα που περίμενα, αν και όχι για την Αθήνα, που είχα ορίσει ως την πρώτη μου επιλογή, αλλά για την Κέρκυρα – ένα όνειρο που δεν το είχα φανταστεί.
Κι έτσι το 1989 έγινα η πρώτη υπότροφος του Ιδρύματος Fulbright που δίδαξε στο Ιόνιο Πανεπιστήμιο της Κέρκυρας. Μια κρύα νύχτα του χειμώνα, προσγειώθηκα στο αεροδρόμιο της Κέρκυρας, περιμένοντας να με υποδεχθεί ο πρόεδρος του Τμήματος Ξένων Γλωσσών, Μετάφρασης και Διερμηνείας, συνοδευόμενος από άλλα μέλη του διδακτικού προσωπικού. Αλλά φαίνεται ότι δεν περίμεναν κάποια σαν κι εμένα, αφού, όπως αποδείχθηκε, το γκρουπ είχε περάσει από μπροστά μου περισσότερες από μία φορές. Όταν επιτέλους συστηθήκαμε, ο πρόεδρος μου εξήγησε ότι δεν με αναγνώρισε ανάμεσα στο πλήθος, επειδή περίμενε να δει «μια Αμερικάνα», εννοώντας «κάποια ντυμένη σε παστέλ αποχρώσεις, που δεν ήταν σίγουρη αν η Κέρκυρα ήταν μέρος της Ιταλίας ή της Ελλάδας».
Το άτομο που συνάντησε εκείνο το βράδυ στο αεροδρόμιο ήταν μια Νεοϋορκέζα που ζούσε εκείνη την εποχή στο Σικάγο και που με το μαύρο της παλτό, αγορασμένο σε μια κρύα Αθήνα, την έκανε να μην ξεχωρίζει καθόλου από τους Έλληνες που είχαν κατέβει από το αεροπλάνο. Ήξερα και λίγα πράγματα για την Κέρκυρα, έχοντας περάσει μερικές εβδομάδες εκεί το 1967, όταν μπορούσες ακόμα να δεις δελφίνια να ξεπηδούν από το Ιόνιο πέλαγος.
Την πρώτη μου μέρα στο πανεπιστήμιο, ανακάλυψα πως ήμουν ήδη «περιβόητη»! Είχα στείλει τόσο πολλά άρθρα να φωτοτυπηθούν για τους φοιτητές και τις φοιτήτριές μου (εκείνη την εποχή ήταν ο μόνος τρόπος να φτιάξεις ένα πακέτο εκπαιδευτικού υλικού), που ο καημένος ο κύριος που δούλευε το φωτοτυπικό γκρίνιαζε ήδη για βδομάδες.
Η σχέση με τους φοιτητές
Την εποχή εκείνη προσέφερα δύο σεμινάρια: το ένα ήταν πάνω στην αμερικανική πολιτισμική ιστορία και το άλλο στην αμερικανική λογοτεχνία του 19ου αιώνα. Ήθελα να δώσω στα παιδιά που θα παρακολουθούσαν την πολιτισμική ιστορία μια αίσθηση της πολυπλοκότητας της αμερικανικής κοινωνίας, κι έτσι είχα στείλει πολλά άρθρα πριν από την άφιξή μου: πρωτότυπα έγγραφα της Ku Klux Klan, λεσβιακή ποίηση των Τσικάνος, αποσπάσματα από κείμενα του Frederick Douglass κ.ά.
Τα παιδιά που σπούδαζαν μετάφραση ήταν εκπληκτικά έξυπνα, γνώριζαν πολύ καλά αγγλικά, αλλά και άλλες ξένες γλώσσες. Για να διασκεδάσουν, έπαιρναν συχνά μια παράγραφο στα αρχαία, τη μετέφραζαν στα νέα ελληνικά, ύστερα στα γαλλικά ή στα ισπανικά, ή σε κάποια άλλη γλώσσα. Εκείνη τη χρονιά εκδόθηκε το πρώτο μου βιβλίο («Αόρατο δράμα – Οι γυναίκες μπροστά στο άγχος της αλλαγής») στα ολλανδικά και λίγο αργότερα στα ελληνικά, μεταφρασμένο από έναν φοιτητή και μια φοιτήτριά μου.
Είχα εκπλαγεί που δεν έρχονταν όλοι οι εγγεγραμμένοι στο μάθημα, αλλά τουλάχιστον πλησίαζαν το κτίριο και με χαιρετούσαν καθώς περνούσα τα καφέ στο Λιστόν, καθ’ οδόν προς το πανεπιστήμιο: «Γεια σας, κυρία Μπέκερ!» μου φώναζαν, χωρίς ενοχές ή εξηγήσεις. Οι καλύτεροι φοιτητές και φοιτήτριες που δίδαξα στο Ιόνιο Πανεπιστήμιο ήταν κάποιοι από τους πιο σκεπτόμενους φοιτητές που δίδαξα ποτέ, και στη συνέχεια έγιναν επιτυχημένοι μεταφραστές και συγγραφείς. Ζούσα έξω από την πόλη της Κέρκυρας, σ’ ένα χωριό που το έλεγαν  Άγιο Ιωάννη, στην πλαγιά ενός βουνού, και η ζωή του χωριού με είχε απορροφήσει. Αγόρασα ένα μικρό Fiat από έναν φίλο του σπιτονοικοκύρη μου, του Λάζαρου, επισκέφτηκα τους Παξούς και τους Αντίπαξους κι έκανα κάμποσα ταξίδια στην Αθήνα και στην Ευρώπη. Ξεπάγιασα στην υγρασία του χειμώνα και προσαρμόστηκα σε απεργίες των τραπεζών, των λεωφορείων, των ταχυδρομείων, των πλοίων και της ΔΕΗ. Απολάμβανα την άνοιξη, όταν άσπρα λουλουδάκια ξεφύτρωναν μέσα από τα μαύρα λιόπανα και το πράσινο ήταν παντού. Κι όλο τον καιρό πάλευα να μάθω ελληνικά. Έκανα επίσης φιλίες που συνεχίζονται και σήμερα.
Η ζωντάνια της Ελλάδας 
«Η Ελλάδα είναι η ερωτική σχέση που είχε ο Θεός με τον πλανήτη Γη», ανέφερε μια επιγραφή πάνω από την ταμειακή μηχανή ενός ελληνικού εστιατορίου του Σικάγο, όπου έτρωγα κάθε εβδομάδα για χρόνια. Η ζωντάνια της Ελλάδας είναι αυτή που μας γοητεύει όλους. Οι θεοί του Ολύμπου σίγουρα υπάρχουν ακόμα μέσα στους ανθρώπους, στα ονόματα που δίνουν στα παιδιά τους, στην ψυχή του τόπου. Το χαρακτηριστικό αυτό είναι που με φέρνει πίσω κάθε καλοκαίρι και με κάνει να ονειρεύομαι να ζήσω στην Κέρκυρα ή σ’ ένα άλλο ελληνικό νησί ξανά πολύ σύντομα. Πιστεύω πως είναι κομμάτι του ταξιδιού της ζωής μου να επιστρέφω στην Ελλάδα ξανά και ξανά, να ριζώνω βαθιά σ’ αυτή τη χώρα. Θα ευχαριστώ πάντα το Ίδρυμα Fulbright που με βοήθησε να εκπληρώσω αυτή μου τη μοίρα. 
* H Κάρολ Μπέκερ είναι συγγραφέας και πρύτανης του Columbia University School of the Arts.

Πηγή: Καθημερινή 18-9-2018 

Τετάρτη, 26 Σεπτεμβρίου 2018

Συνέδριο: Langues et langages juridiques. Traduction et traductologie - Didactique et pédagogie (Bordeaux, 13-14 juin 2019)

Appel à communication

Langues et langages juridiques. Traduction et traductologie - Didactique et pédagogie

Bordeaux, 13-14 juin 2019

Date limite le vendredi 30 novembre 2018
Programme de recherche 2018-2021

Épistémologies du droit. Approches pluridisciplinaires à l’ère de la globalisation


Organisation : Renaud Baumert, professeur de droit public, Université de Cergy- Pontoise, Albane Geslin, professeure de droit public, Sciences Po Aix, Stéphanie ROUSSEL, maître de conférences en études germaniques, Université de Bordeaux , Stéphane Schott, maître de conférences en droit public, Université de Bordeaux


Argumentaire :
Au-delà de l’approche classique et purement juridique du droit comparé et de d’étude des droits étrangers, ce colloque privilégiera une approche pluridisciplinaire plus large, associant notamment des juristes, des linguistes, des traductologues et des didacticiens autour d’une même thématique : la question des langues et des langages juridiques[1]. Quatre principaux axes de réflexion se dégagent, à ce stade, sur lesquels les chercheurs sont invités à réfléchir au prisme de leurs disciplines respectives.

Le premier axe porte sur la spécificité des langues et langages juridiques à l’intérieur des systèmes nationaux ou autres ordres juridiques – internes ou internationaux. La distinction entre langue et langage pourra d’ailleurs être discutée. Cet axe invite à la réflexion sur les caractéristiques d’une langue juridique propre, ainsi qu'à la mise en évidence de spécificités selon les sources formelles ou informelles du droit (loi, coutume, jurisprudence, doctrine, etc.) et selon les types de discours émanant des différents auteurs et acteurs du droit[2].

Le deuxième axe concerne le passage d’une langue à une autre, et plus précisément les conditions de possibilité d’une transposition, dans d’autres systèmes nationaux ou ordres juridiques, de concepts véhiculés par une langue juridique donnée. Si la nécessité de la traduction juridique ne fait aucun doute dans le contexte de la globalisation, il faut toujours et encore convaincre, notamment les juristes, de la nécessité d’une traductologie juridique au sens d’un discours réflexif sur la traduction du / en droit [3].

Le troisième axe invite à la réflexion sur l’enseignement des langues juridiques (étrangères). Dans le contexte d’internationalisation accrue des formations universitaires en droit, les langues juridiques sont un objet d’étude dont s’emparent à la fois les linguistes spécialisés et les juristes comparatistes [4]. Quelles connaissances et compétences, en langues étrangères et sur les droits étrangers, seraient susceptibles d’être mises en œuvre par les étudiants dans leur vie professionnelle ? Quels leviers didactiques permettent d’atteindre de tels objectifs ?

Le quatrième axe vise à examiner la réception et la diffusion de la langue et des concepts juridiques par des disciplines autres que le droit et, plus généralement, leur mobilisation par les discours non juridiques (académiques, politiques, journalistiques, littéraires, etc.). Ceci rejoint la question du passage, ici intralinguistique, d’une langue technique vers une langue vernaculaire et par certains aspects également la question de la traduction [5], parfois dans son sens courant (passage d’une langue à l’autre), parfois de façon plus métaphorique (passage d’un système juridique à l’autre ou d’une discipline à une autre).

La dimension pluridisciplinaire du colloque « Langues et langages juridiques. Traduction et traductologie - Didactique et pédagogie » implique que chaque participant soit capable de s’adresser à un public composé de spécialistes de différentes disciplines (droit, langues, traduction, etc.). Le comité scientifique sera donc particulièrement sensible aux propositions qui seront non seulement fortement ancrées dans la spécialité de l’auteur, mais qui feront également l’effort d’établir des ponts avec les disciplines des autres participants.


Calendrier et modalités de soumission
Les propositions de communication seront envoyées en français et en anglais. Suite au colloque une publication est envisagée : les résumés des contributions en anglais donneront une meilleure visibilité à l’ouvrage. La communication orale pourra avoir lieu en français ou en anglais. Les discussions devront pouvoir être menées en français. Les propositions de communication devront être envoyées avant le 30 novembre 2018 à l’adresse suivante : colloque.langues.droit@gmail.com
Il vous sera demandé de respecter les normes suivantes :

Nom et prénom, affiliation(s) académique(s) de l’auteur
Titre de la communication, mots-clés (5 maximum) et bibliographie sommaire
Positionnement par rapport aux axes de l’appel à communication Axe 1, 2 , 3 ou 4
Résumé court de 500 mots (±20%)
Police et style : Times New Roman 12 ; interligne 1.5 ; marge 2.5 ; texte justifié


Date limite de soumission : 30 novembre 2018

Notification aux auteurs : 31 janvier 2019

Ouverture des inscriptions : 1er mars 2019 (inscription gratuite, mais obligatoire)

Date du colloque : juin 2019 Contact : stephanie.roussel@u-bordeaux.fr




[1] Déjà, le doyen Carbonnier soulignait le caractère indissociable du droit et du langage : « Le phénomène de communication par excellence, c’est le langage, et spontanément un rapprochement du langage et du droit s’offre à l’imagination. Ils sont tous deux des phénomènes sociaux de formation largement coutumière, empreints d’un caractère normatif et contraignant », Carbonnier (Jean), Droit civil. Introduction, PUF, 1999, p. 44.

[2] Bocquet (Claude), La traduction juridique. Fondement et méthode, Bruxelles, De Boeck, 2008, 122 p. ; Cornu (Gérard), Linguistique juridique, Paris, Montchrestien, 2005, 456 p..

[3] Monjean-Decaudin (Sylvie), La traduction du droit dans la procédure judiciaire. Contribution à l’étude de la linguistique juridique, Paris, Dalloz, 2012, 521 p.

[4] Ponthoreau (Marie-Claire), dir., La dénationalisation de l’enseignement juridique. Comparaison des pratiques, Paris, Fondation Varenne – LGDJ, 2016, 216 p.

[5] Beuvant (Hugo), Carvalho (Thérence), Lemée (Mathilde), dir., Les traductions du discours juridique. Perspectives historiques, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2018, 206 p.

Σάββατο, 22 Σεπτεμβρίου 2018

5es Assises européennes du plurilinguisme 23-24 mai 2019 – Bucarest (Appel à communications)

5es  Assises européennes du plurilinguisme

23-24 mai 2019 – Bucarest

Appel à communications

Le plurilinguisme dans le développement durable :

La dimension cachée



Résumé

L’UNESCO nous rappelle que la diversité linguistique et le multilinguisme sont essentiels pour le développement durable, mais l’attention se porte essentiellement sur les langues menacées et place la sauvegarde de la diversité linguistique sur le même plan que la biodiversité. La question des langues en danger est en effet essentielle, et quelques études suggèrent que la disparition des langues présente des risques importants pour la conservation de la biodiversité. Ce que nous voulons faire apparaître, c’est que les langues entrent en jeu dans tous les processus économiques, sociaux et culturels qui sont à la base du développement. La culture, l’éducation et la santé sont des facteurs de développement majeurs dont l’accumulation du capital est plus une conséquence qu’une cause et, où que l’on se place dans le monde, on peut en faire le constat, le rôle de la langue est omniprésent. Qu’il s’agisse de pauvreté, d’épanouissement personnel, d’ascension sociale, de cohésion sociale, de circulation des savoirs et des idées, de développement territorial, d’identité, de performance économique, de migrations, de la révolution numérique, de la guerre et de la paix, on retrouve à des degrés divers des questions de langues. Les langues sont donc la dimension cachée du développement durable qu’il nous appartient de faire émerger. Évidemment, les politiques linguistiques, quand elles existent, ne sont pas neutres. Il nous faut donc tenter de répondre à la question : en quoi les politiques linguistiques peuvent-elles contribuer au développement durable ?


Introduction


La notion de développement durable est aujourd’hui classique au sens où elle a été définie depuis longtemps et qu’en raison de sa richesse conceptuelle, et de son aspect prospectif, elle n’a rien perdu de son actualité.

La notion a été formellement définie dans le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, dit rapport Brundtland, où cette expression est apparue pour la première fois en 1987.

« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

L’idée n’est pas si nouvelle qu’on le croit d’abord. Une controverse sémantique portant sur la question de savoir s'il fallait parler dedéveloppement durable ou soutenable a existé depuis la deuxième traduction en français où l'éditeur canadien a traduit sustainablepar le mot français soutenable1.

Les tenants du terme « durable » plutôt que du mot « soutenable » insistent sur la notion de durabilité définie comme cohérence entre les besoins et les ressources globales de la Terre à long terme, plutôt que sur l'idée d'une recherche de la limite jusqu'à laquelle la Terre sera capable de nourrir l'humanité. Cependant, la traduction du terme par soutenable, plutôt que durable, peut s'expliquer aussi par de vieilles traces du mot en langue française. En effet, on trouve le mot soutenir employé dans une optique environnementale dès 1346, dans l'ordonnance de Brunoy, prise par Philippe VI de Valois, sur l'administration des forêts, recommandant de les « soutenir en bon état ». Ainsi en matière forestière la notion de forêt cultivée soumise à une exigence de soutenabilité, un renouvellement perpétuel de la ressource, capable d'approvisionner une flotte navale, existe en France depuis plus de six siècles.

Des économistes en avaient déjà posé les bases dans les années soixante. C’est le cas par exemple du philosophe, historien et économiste français François Perroux, qui dans un chapitre de son livre L’économie du XXe siècle, paru en 1961, chapitre intitulé « La notion de développement » explique ainsi : « L'économiste, à qui l'on demande : « Qu'est-ce que le développement ? » doit, à mon sens, répondre : le développement est la combinaison des changements mentaux et sociaux d'une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global.»

C’est à se demander d’ailleurs si la durabilité ne fait pas partie de la notion même de développement et que le terme de développement devrait se suffire à lui-même. L’ajout de l’adjectif « durable » est plus un problème de communication qu’une question théorique. Il ne convient donc pas de s’y attarder.

Donc on se situe dans le temps long. Le recours à l’idée de « besoins », suggère que le développement durable doit répondre aux besoins fondamentaux matériels et culturels de l’ensemble de la population, ce qui est incompatible avec l’extension de la précarité et l’exagération à l’extrême des inégalités, et que le développement n’est pas strictement matériel et est avant tout global.

En 1992, le Sommet de la Terre à Rio, tenu sous l'égide des Nations unies, a officialisé la notion de développement durable et celle des trois piliers (économie/écologie/social) : un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable.

L’Unesco a établi de son côté un lien indiscutable entre plurilinguisme et développement durable dans trois documents fondamentaux.

L’article 1 de la déclaration universelle sur la diversité culturelle de 2001, dit ceci :

« La culture prend des formes diverses à travers le temps et l'espace. Cette diversité s'incarne dans l'originalité et la pluralité des identités qui caractérisent les groupes et les sociétés composant l'humanité. Source d’échanges, d'innovation et de créativité, la diversité culturelle est, pour le genre humain, aussi nécessaire que l'est la biodiversité dans l'ordre du vivant. En ce sens, elle constitue le patrimoine commun de l'humanité et elle doit être reconnue et affirmée au bénéfice des générations présentes et des générations futures. »

Les thèmes retenus en 2018 pour la journée internationale de la langue maternelle qui a lieu le 21 février de chaque année de même la célébration de l’année 2019 comme année internationale des langues autochtones, ont eux-mêmes parfaitement intégré le développement durable. Peu évoquée dans les nombreuses manifestations relatives au développement durable, la dimension linguistique en est réellement une dimension cachée.

Aussi la finalité de ces Assises est, au-delà de ces professions de foi prestigieuses, de faire apparaître dans tous les aspects du développement durable le facteur linguistique qui est largement méconnu.


Argumentaire

Préalablement, il convient de rappeler que la notion même de plurilinguisme inclut celle de diversité linguistique et culturelle.

En quoi le langage et le plurilinguisme ont-ils un rapport avec le développement ?

Poser la question est presque une provocation, dans la mesure où l’on pourrait dire que si l’on ne comprend pas qu’il puisse y avoir un rapport entre langue et développement, c’est qu’on ne sait pas ce qu’est le langage.

Axe 1 - Le langage

Contrairement à ce qu’ont enseigné les linguistiques depuis des générations, avant d’être un moyen de communiquer, le langage est un instrument de la pensée. Sans entrer dans le débat stérile de savoir si la pensée existe indépendamment du langage, il est devenu évident que le langage et la pensée entretiennent des rapports tellement étroits que l’un n’existe pas sans l’autre. Selon la formule très précise de Vygotski, la pensée ne s’exprime pas dans le mot, elle s’y accomplit.

Ayant dit cela, il va en résulter toute une chaîne de conséquences assez considérables pour aboutir à la conclusion que le langage est une dimension fondamentale de la reformulation moderne du développement qu’est le développement durable.

C’est donc en voyageant autour de toute une série de problématiques,non exhaustive, que nous invitons les futurs intervenants à faire émerger une dimension généralement omise du développement durable qui est sa dimension linguistique.

Axe 2 - L’éducation


Il est assez logique de commencer par l’apprentissage de la langue et de la langue maternelle.

Les premières étapes de la socialisation de l’enfant s’effectuent par l’expression corporelle et par le truchement de la langue maternelle, mais comme la langue maternelle peut être assez éloignée de la langue que l’enfant apprendra par la suite, en particulier à l’école, l’articulation entre la langue maternelle, ou la langue parlée dans la famille, et la langue de l’école est un point sensible de l’évolution de l’enfant, et cela dans une très grande variété de contextes. Il est très important de faire apparaître cette variété, car la question ici soulevée n’est pas une question nouvelle, nous savons qu’elle traverse les siècles et les sociétés.

La dimension individuelle est forte, mais la dimension sociale l’est tout autant. En effet la langue va jouer un rôle important dans la cohésion sociale, mais aussi du point de vue de la capacité de la société à évoluer et dans la rapidité des changements qu’une société en mouvement est capable d’assumer. La langue est un facteur déterminant de la compréhension et de la circulation des idées, des images et des informations. Sans la langue, l’échange ne se fait pas ou bien il est beaucoup plus lent. Lutter par exemple contre une épidémie sans le langage est problématique. Sans le langage, il serait inconcevable de lutter et réagir contre des catastrophes.

Car quand on dit langage, il s’agit de la compréhension et tout ce qui est porté par le langage. On est réactif que si l’on comprend ce qui se passe.

Axe 3 - Langues et diversité linguistique dans la société de la connaissance

La culture sans la langue n’existe pas, elle est impossible.

Nous sommes obligés de rappeler cela, en raison des transformations récentes qui bousculent des notions qui étaient souterraines car elles représentaient un état du monde allant de soi et qu’il n’était donc pas nécessaire d’interroger.

Ces changements ont pu prendre plusieurs siècles avant de nous apparaître, société de communication oblige, comme des nouveautés. Il faut qu’il y ait contact entre de nombreuses langues pour que l’on se pose la question de la diversité linguistique et ce qu’est en réalité une langue. Mais la réflexion sur la langue et sur le langage est quasiment absente de ce que l’on appelle la culture générale.

L’écrit n’est pas nouveau, mais la civilisation a pu jusqu’à présent fonctionner avec des masses majoritairement illettrées. On pouvait vivre sans savoir lire ni écrire, du moment qu’on était capable de parler. L’oralité était omniprésente.

Aujourd’hui ça n’est pas possible.

La mécanisation et la tertiarisation font que tous les métiers, même les plus manuels, passent à un moment ou à un autre par l’écrit.

Il faut donc s’interroger sur la portée de ces mutations profondes des sociétés, à un moment où très paradoxalement, la qualité de la langue aurait plutôt tendance à s’étioler, peut-être du fait de la croyance injustifiée selon laquelle l’image remplacerait le texte.

Axe 4 - Langues et mondialisation : contacts entre les langues et découverte de la diversité

Mais d’autres phénomènes de grande ampleur accompagnent la mondialisation.

Certes la mondialisation remonte à loin, mais, jamais autant que dans les dernières décennies, les populations avec leurs langues particulières n’ont été en contact les unes avec les autres, que ce soit à travers le commerce, qui concerne tous les stades du cycle économique depuis les matières premières jusqu’au consommateur final ; que ce soit dans le travail, une proportion toujours plus grande de travailleurs se trouvant directement ou indirectement en contact avec des correspondants d’autres nationalités lointains ou proches, au sein même des entreprises, multinationales ou non, sur le même lieu de travail ou sur des lieux éloignés. Le management des entreprises revêt donc aujourd’hui une dimension linguistique qui ne cesse de s’accentuer, et reste très sous-estimée dans les écoles de management. Le développement du tourisme est aussi une révolution liée à la révolution des transports et à celle des modes de vie, dont la dimension linguistique et culturelle est par trop évidente. Le développement du numérique, révolution qui se compare à l’avènement de l’imprimerie, facilite et accélère la circulation des idées, tout en renforçant le poids de l’écrit, de la langue et de la traduction, avec des effets parfois très sévères sur les populations les plus fragiles.

Mais l’approche des relations entre populations par le commerce, le tourisme et le numérique donne une vision irénique des choses, très incomplète.

Les mouvements de population ne sont pas tous motivés par le tourisme et les migrations économiques et politiques présentent de nouveaux défis à ceux qui les vivent comme aux sociétés qui les accueillent. Le contact entre langues fortes et langues faibles peut entraîner la mort de ces dernières, détruisant ainsi une forme de biodiversité.

Axe 5 - Plurilinguisme et État-nation

On a vu se développer au cours du XIXe siècle le mouvement dit des nationalités. En bref, ce mouvement avait pour moteur l’émancipation des peuples qui appartenaient aux grands empires multinationaux qu’étaient notamment l’empire austro-hongrois et l’empire ottoman. Il en est résulté une exacerbation du principe de l’État-nation qui voudrait voir coïncider le peuple, l’État et la langue, c’est-à-dire réunir au sein d’un seul et même État un peuple identifié par la langue.

L’affaire est complexe car l’histoire des langues et l’histoire politique ne se recouvrent pas exactement même si elles sont très imbriquées. Les langues ne connaissent pas toujours les frontières et les Etats sont plus souvent multilingues que monolingues. Toutefois, l’idée que la démocratie n’existe que par la volonté du peuple et par l’expression des citoyens et que la langue est un moyen incontournable d’expression de la citoyenneté conduit à voir dans la langue le fondement de toute expression démocratique en même temps qu’une condition de la cohésion sociale.

Il est aisé de comprendre que l’application de ces principes, dont la légitimité n’est pas en cause, se heurte aux complexités des expériences historiques et donc que la langue, sans être ni la seule ni la principale cause des conflits en général, en est presque toujours un enjeu. Donc le plurilinguisme a un rapport fort avec la guerre et la paix et avec les tensions identitaires. Et, il est bien clair que la guerre et la paix ont aussi un rapport fort avec le développement durable, comme avec le développement tout court.

Axe 6 - Le plurilinguisme, une question philosophique

Mais le contact entre les langues en vient à reposer des questions philosophiques fondamentales dont l’aspect linguistique était maintenu comme en lisière, un aspect dormant en quelque sorte. Les langues sont toutes le produit d’expériences historiques diverses. Et elles peuvent toutes prétendre à une certaine lecture du monde. Mais aucune ne peut prétendre être à elle seule la réalité. Cela pose la question des soubassements philosophiques des monolinguismes et des prétentions hégémoniques qui les accompagnent, le plus souvent à l’insu même de ceux qui en sont les acteurs. Se poser la question des ressorts philosophiques de la diversité des langues et du plurilinguisme est donc d’une grande utilité. On doit aussi se poser la question du poids de la marchandisation du savoir dans la recherche et l’enseignement supérieur et de ses implications en termes de développement durable et de diversité linguistique et culturelle.

Évidemment, les politiques linguistiques, quand elles existent, ne sont pas neutres. Il nous faut donc tenter de répondre à la question : en quoi les politiques linguistiques peuvent-elles contribuer au développement durable ?

Les champs ouverts par les rapports entre plurilinguisme et développement sont immenses et divers. Nous attendons donc une grande diversité d’inspiration, en soulignant que l’on attend des intervenants des réflexions théoriques toujours orientées vers des questions concrètes auxquelles il convient d’apporter des éléments de réponse.

Ci-joint une liste thématique qui ne prétend pas à l’exhaustivité mais qui s’affiche comme autant de pistes par lesquelles chacun pourra peut-être trouver son chemin.


Liste thématique

  • Penser entre les langues et fonction cognitive de la langue 
  • Penser par la langue et penser entre les langues 
  • Communication ou échange d'information 
  • Les fonctions de la langue 
  • Conception pleine de la langue 
  • La langue telle qu’elle est perçue par les autres domaines scientifiques ? 
  • Question des interactions entre langues (emprunt). Égalité ou inégalité (ex. Standardisation du maori) 
  • Question de l'illettrisme. La langue comme pouvoir d'émancipation 
  • La traduction automatique. Rôle de l'anglais comme langue pivot 
  • L'usage de l'anglais dans le travail (institutions européennes) est-il neutre sur la pensée ? 
  • Pensée unique et développement durable 
  • La domination d'une langue favorise-t-elle une pensée unique ? 
  • Éducation en contexte pluri-multilingue (ex. Afrique) 
  • Culture : diversité des expressions culturelles. Où en est-on de l'application de la convention internationale ? 
  • Les langues menacées de disparition 
  • Langues en contact et mort des langues 
  • Langues en contact à l’ère numérique 
  • Approche patrimoniale/Développement social 
  • Plurilinguisme et pauvreté 
  • Culture générale et développement durable 
  • Langues et démocratie 
  • Langues, plurilinguisme et identité 
  • Plurilinguisme et opérationnalité des programmes d'aide au développement 
  • Plurilinguisme et adaptation au milieu 
  • Dépendance communicationnelle 
  • Durabilité communicationnelle 
  • L'arbre à palabres (accoucher comme un éléphant) = exploiter les contenus métaphoriques des langues (proverbe, stéréotypes,..) 
  • Plurilinguisme et équité 
  • Plurilinguisme et santé 
  • Plurilinguisme et développement culturel 
  • Plurilinguisme et migrations 
  • Plurilinguisme et insertion 
  • Pouvoir de la parole et fonctions du langage 
  • Plurilinguisme, singulier, différence et universel 
  • Plurilinguisme et créativité 
  • Le plurilinguisme, la guerre et la paix 
  • Droits linguistiques et développement durable 
  • Marchandisation du savoir et développement durable 
  • Politiques linguistiques et développement durable 


Informations pratiques


Dates : mai 2019 (16-17, 23-24)


Lieux :

Académie d’Études Économiques de Bucarest (AEEB)

Adresse : Piata Romana nr. 6, sector 1


Répondre à cet appel sur le site dédié :

https://Assises.observatoireplurilinguisme.eu/fr/


Les communications orales seront limitées à 15 mn. Des présentations sous forme de diaporama seront possibles.

Les résumés des propositions de communication (note d’une demi-page maximum ou 2000 caractères espaces compris) devront être déposées sur la plate-forme avant le 31 octobre 2018.

Ces résumés seront utilisés pour la sélection des candidatures et pour la publication des pré-actes dans le dossier du participant.

Les textes en vue de publication seront produits dans le délai d’un mois après la manifestation et déposés sur le site dédié en utilisant le modèle d’article téléchargeable sur ce dernier.


Restauration : assurée

Hébergement : non assuré


Droits d’inscription

- Inscription en ligne obligatoire.
- 130 € jusqu’au 31 mars 2019, 150 € au-delà.
- Gratuité pour les doctorants des établissements partenaires en fonction des places disponibles.


Actes

Le dossier du participant comportera des pré-actes comprenant les résumés des communications.

Les actes pourront être achetés à un prix avantageux sur le site dédié en même temps que le versement des droits d’inscription.


Dates clés

Lancement de l’appel à proposition de communications : 15 juin 2018

Date limite pour les propositions de communication : 31 octobre 2018

Notifications : 15 janvier 2019

Publication du préprogramme et ouverture des inscriptions : 30 janvier 2019

Date limite de remise des textes intégraux des communications : 30 juin 2019, maximum 10 pages format A5 ou 20 000 caractères espaces comprises. (cf. modèle en ligne)


Régime linguistique


Langue des Assises : français, allemand, roumain, anglais, italien, espagnol.


Les séances en plénière seront interprétées en français, allemand et roumain.

Il est fortement recommandé, en cas de présentation par vidéoprojection (Powerpoint), que les diapositives soient en une autre langue que la langue employée à l’oral.

Normes de publication : voir rubrique particulière

Partenaires co-organisateurs

  • O.E.P.
  • Académie d’Études Économiques de Bucarest (AEEB)

Comité d’organisation


Anne Bui, Observatoire européen du plurilinguisme
Christos Clairis, Université Paris Descartes
Christian Tremblay, Observatoire européen du plurilinguisme
Corina Lascu, Académie d’Études Économique de Bucarest
Antoaneta Lorentz, Académie d’Études Économiques de Bucarest

Comité scientifique


Koffi Ganyo Agbefle, université du Ghana, ACAREF (Académie Africaine de Recherches et d’Etudes Francophones)

Giovanni Agresti, Université de Naples, Association POCLANDE

Olga Anokhina, CNRS

Jean-Claude Beacco, Université Sorbonne Nouvelle

Christos Clairis, Université Paris Descartes

Jörg Eschenauer, Ecole des Ponts-ParisTech, UPLEGESS

Pierre Frath, Université de Reims

José Carlos Herreras, Université Paris Diderot

Corina Lascu, Académie d’Études Économiques de Bucarest

Isabelle Mordellet-Roggenbuck, Université de Freiburg

François Rastier, CNRS

Heinz Wismann, EHESS

Jean-Philippe Zouogbo, Université Paris Diderot, Réseau International Populations, Cultures, Langues et Développement (POCLANDE)


1 https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9veloppement_durable#Histoire_du_mot














Δευτέρα, 28 Μαΐου 2018

«Corfu Summer School 2018», Κέρκυρα από 23 έως 28 Ιουλίου 2018 (Συνδιοργάνωση: ΕΝΟΠΟΤΕΜ & Ερευνητικός Σύλλογος Αποφοίτων του ΠΜΣ Ευρωπαϊκού Δικαίου της Νομικής Σχολής του ΕΚΠΑ)




Το Εργαστήριο Νομικής, Οικονομικής, Πολιτικής και Νομικής Μετάφρασης (ΕΝΟΠΟΤΕΜ) του ΤΞΓΜΔ του Ιονίου Πανεπιστημίου, συμπράττοντας με τον Ερευνητικό Σύλλογο Αποφοίτων του ΠΜΣ Ευρωπαϊκού Δικαίου της Νομικής Σχολής του ΕΚΠΑ στη διοργάνωση του «Corfu Summer School 2018» με τίτλο: «Ο δικηγόρος και η δικαστική προστασία στην Ευρωπαϊκή Ένωση», προσκαλεί αποφοίτους και φοιτητές του ΤΞΓΜΔ που ενδιαφέρονται να παρακολουθήσουν τις εργασίες αυτού του «θερινού σχολείου» από την Τρίτη 23 Ιουλίου έως την Παρασκευή 28 Ιουλίου 2018 να δηλώσουν συμμετοχή στον Διευθυντή του ΕΝΟΠΟΤΕΜ κ. Μιχάλη Πολίτη μέχρι τις 15 Ιουνίου 2018 με email (michel.politis@gmail.com).

Έχοντας υπόψη την ευρύτερη θεματική του θερινού σχολείου και τη συμφωνία με τους συνδιοργανωτές, θα επιλεγούν βάσει φακέλου μέχρι 3 πτυχιούχοι του ΤΞΓΜΔ που έχουν έχουν ασχοληθεί τεκμηριωμένα με την ευρύτερη θεματική του θερινού σχολείου, ήτοι: το Ευρωπαϊκό Δίκαιο, τη δικαστική προστασία στην Ευρωπαϊκή Ένωση και τη μετάφραση κειμένων σχετικού περιεχομένου. Θα ληφθεί σοβαρά υπόψη, επίσης, η άσκηση σε θεσμικά όργανα της Ευρωπαϊκής Ένωσης ή η παρακολούθηση συναφούς περιεχομένου κύκλου μαθημάτων. Το θερινό σχολείο μπορούν να παρακολουθήσουν επίσης, ως ελεύθεροι ακροατές, μέχρι 5 προπτυχιακοί φοιτητές του ΤΞΓΜΔ, οι οποίοι αποδεδειγμένα έχουν ασχοληθεί με τη νομική μετάφραση.

Αντικείμενο του θερινού σχολείου:

Το φετινό θερινό σχολείο θα προσφέρει στους συμμετέχοντες αποφοίτους του ΤΞΓΜΔ και τους εκπαιδευόμενους μεταφραστές και διερμηνείς την ευκαιρία μιας πρακτικής προσέγγισης θεμάτων που καλείται να αντιμετωπίσει ένας δικηγόρος κατά την εφαρμογή του ενωσιακού δικαίου ενώπιον των εθνικών δικαστηρίων ή των δικαστηρίων της Ε.Ε., καθώς και ζητήματα που καλούνται να διαχειριστούν ως μεταφραστές ή/και ως διερμηνείς. Επίσης, θα τους προσφερθεί η δυνατότητα να γνωριστούν με επαγγελματίες νομικούς και να διερευνήσουν το ενδεχόμενο μελλοντικής συνεργασίας τους.

Βασικά σεμιναριακά μαθήματα:

- Η συνεισφορά του δικηγόρου στην αποστολή προδικαστικών ερωτημάτων από τα εθνικά δικαστήρια
- Η σημασία της ακροαματικής διαδικασίας για τον σχηματισμό της δικαστικής απόφασης του Δ.Ε.Ε.
- Ο ρόλος του δικηγόρου ενώπιον του Δ.Ε.Ε. σε υποθέσεις ανταγωνισμού
- Δικαστική προστασία σε υποθέσεις φορολογικού δικαίου
- Οι αγορές ενέργειας και η νομολογία του Δ.Ε.Ε.
- Δικονομικά ζητήματα σε υποθέσεις ενώπιον του Δ.Ε.Ε.


Στους διδάσκοντες περιλαμβάνονται:

- Σάββας Παπασάββας, Δικαστής στο Γενικό Δικαστήριο της Ευρωπαϊκής Ένωσης
- Γουλιέλμος Βαλασίδης, Διευθυντής Επικοινωνίας του Δικαστηρίου της Ευρωπαϊκής Ένωσης
- Βασίλειος Χριστιανός, Ομότιμος καθηγητής Δικαίου της Ευρωπαϊκής Ένωσης της Νομικής Σχολής Αθηνών
- Massimo Condinanzi, Καθηγητής Δικαίου της Ευρωπαϊκής Ένωσης του Πανεπιστημίου του Μιλάνο
- Ρεβέκκα-Εμμανουέλα Παπαδοπούλου, Επίκουρη Καθηγήτρια Δικαίου της Ευρωπαϊκής Ένωσης της Νομικής Σχολής Αθηνών
- Θεόδωρος Πανάγος, Δικηγόρος, Επισκέπτης Καθηγητής του Δικαίου Ενέργειας στο Διεθνές Πανεπιστήμιο της Ελλάδος στη Θεσσαλονίκη και στο Πανεπιστήμιο του Exeter και πρώην Αντιπρόεδρος της ελληνικής Ρυθμιστικής Αρχής Ενέργειας (ΡΑΕ)


Δήλωση συμμετοχής (για αποφοίτους και φοιτητές του ΤΞΓΜΔ):

Οι ενδιαφερόμενοι απόφοιτοι και φοιτητές του ΤΞΓΜΔ πρέπει να αποστείλουν την αίτησή τους μέχρι τις 15 Ιουνίου 2018 στον Διευθυντή του ΕΝΟΠΟΤΕΜ κ. Μιχάλη Πολίτη με email (michel.politis@gmail.com), συνοδευόμενη από βιογραφικό σημείωμα από το οποίο να προκύπτει η σχέση της/ου ενδιαφερόμενης/ου με την ευρύτερη θεματική του «summer school».

Το τέλος συμμετοχής για τους αποφοίτους του ΤΞΓΜΔ ανέρχεται στα 180 ευρώ/άτομο, το οποίο καλύπτει πενθήμερη διαμονή στη Φοιτητική Εστία του Ιονίου Πανεπιστημίου (σε δίκλινα ή τρίκλινα δωμάτια), πρωινό και coffee breaks. Δεν περιλαμβάνονται τα ταξιδιωτικά έξοδα. Το τέλος για τους φοιτητές του ΤΞΓΜΔ που θα επιλεγούν, ανέρχεται στα 150 ευρώ/άτομο. Όσοι εξ αυτών επιθυμούν να διαμείνουν δωρεάν στην Φοιτητική Εστία θα πρέπει να το δηλώσουν με την υποβολή της αίτησής τους στον Διευθυντή του ΕΝΟΠΟΤΕΜ

Όλοι οι συμμετέχοντες θα λάβουν Δίπλωμα Συμμετοχής.



Για το ΕΝΟΠΟΤΕΜ


Μιχάλης Πολίτης
Αναπληρωτής Καθηγητής