Expériences de traduction ...
Blog de Michel Politis, Professeur au Département de Langues Étrangères, de Traduction et d'Interprétation de l'Université ionienne (Corfou - Grèce)

Σάββατο, 29 Σεπτεμβρίου 2012

26 e congrès de l’Association canadienne de traductologie « La science en traduction »

Université de Victoria (Colombie-Britannique), 3-5 juin 2013
Organisatrices : Sylvie Vandaele et Pier-Pascale Boulanger

La traduction est un vecteur par lequel le savoir circule, notamment par l’importation de discours scientifiques et techniques, aux finalités plus variables qu'on ne le pense habituellement. Certes, nombre de textes ont une finalité pratique, mais tous sont reliés, plus ou moins étroitement, à des filiations de pensée mobilisant des visions du monde et des positions philosophiques parfois opposées. Dans le cadre de son XXVIe congrès,
l’Association canadienne de traductologie invite à réfléchir au rôle joué par la traduction dans la pérégrination des savoirs scientifiques et techniques à travers les langues-cultures. La traduction sert à disséminer les connaissances, mais ne lui reconnaître qu’une fonction mécanique de transmission du savoir se ramène à un poncif naïf, qui nous empêche d’en appréhender les différentes dimensions et d'en étudier la pratique de manière critique.
Activité de médiation entre les langues-cultures, la traduction implique une intervention humaine et, dès lors, des contingences sociohistoriques.
Épistémologie et histoire
À chaque époque sa manière de produire et de reconfigurer les connaissances, mettant en valeur les unes, réprimant les autres, d'une façon qui souvent peut sembler arbitraire. Quelles sont les raisons sous-jacentes aux choix de certains textes ou auteurs traduits, comment sont-ils traduits? Comment la manière de conceptualiser et de s'approprier le monde se transmet-elle d'une culture à l'autre, et d'une époque à l'autre? Comment la traduction contribue-t-elle aux changements paradigmatiques des sciences et des techniques? Participe-t-elle aux révolutions scientifiques (Kuhn)? En quoi se caractérisent les divers contextes historiques qui ont permis ou empêché l’importation ou l’exportation de textes scientifiques et techniques? En fin de compte, quelles sont les intrications de la traduction avec l’histoire de la science et des idées?

Discours et terminologie
Le savoir scientifique et technique n'est pas homogène ni, partant, les pratiques d'écriture. Ainsi, les normes de publication et la valeur accordée à certaines formes discursives varient en fonction des domaines : on ne publie pas, on n'écrit pas de la même manière en physique, en biomédecine ou en informatique. De même, le genre textuel et le public cible imposent des contraintes fonctionnelles : comment la traduction s'empare-t-elle de cette multiplicité de pratiques? Quel rôle joue-t-elle dans la transmission de codes technoscientifiques provenant de langues-cultures dominantes? Y a-t-il résistance? La traduction influe-t-elle sur l’établissement des conventions d’écriture? Quant à la terminologie, ces vingt dernières années ont mis en évidence ses aspects dynamiques et les influences diverses dont elle est l'objet. La maîtrise de la terminologie et du lexique
scientifique constitue en fait un enjeu économique à différents niveaux, mais il peut être aussi un enjeu identitaire. Quelles sont les conséquences des interférences linguistiques? La traduction peut-elle encore jouer son rôle de passeur de connaissances dans les différentes couches de la société lorsque les formations scientifiques et techniques sont données dans une langue autre que vernaculaire?

Idéologie
Après la victoire du positivisme au début du XXe siècle, un débat majeur de ce siècle fut la remise en cause de l'universalité du savoir scientifique et sa valeur de vérité. De Lyotard (La condition postmoderne) à Sokal (Impostures intellectuelles), où en sommes-nous maintenant? Quel crédit accorder à la parole scientifique? Et, partant, à sa traduction? Traduit-on des comptes-rendus objectifs de faits scientifiques ou uniquement des
propositions que la communauté scientifique, voire la communauté non scientifique, reconnaît comme étant vraies? Quels sont les moyens rhétoriques et discursifs employés non seulement par les scientifiques, mais aussi, et peut-être surtout, par ceux qui instrumentalisent la science à leurs propres fins? Comment la traduction participe-t-elle à ces stratégies mises en œuvre dans les textes supposément neutres et objectifs qu’elle s’occupe de disséminer?

Sociologie
Enfin, le rôle social du traducteur, ainsi que son rapport aux différents acteurs sociétaux, suscitent un intérêt marqué depuis quelques années. Qui sont les commanditaires derrière la traduction d’ouvrages scientifiques et de textes techniques? Quels sont les clients des cabinets de traduction ou des traducteurs indépendants, et quelles sont leurs exigences? Qu’en est-il des conditions de travail dans les différents contextes d'exercice de la profession? Quelles sont les structures, éditoriales ou autres, par lesquelles les textes sont diffusés? Dans quelle mesure la traduction participe-t-elle à l’institution scientifique ou encore à la vulgarisation de la science?

Pédagogie et enseignement de la traduction scientifique et technique
Faut-il être scientifique ou ingénieur pour être traducteur scientifique ou technique? Comment devient-on un traducteur spécialisé? Ces questions sont classiques, mais peuvent être revisitées de façon originale. Quel rôle Internet, à la fois mine d'or et piège, peut-il jouer pour le plus grand bénéfice des apprenants? Y a-t-il lieu de proposer de nouvelles pratiques d'enseignement? Et enfin – et ce n'est pas la moindre question –, comment parvenir à ce que la vieille dichotomie théorie-pratique trouve enfin une issue fructueuse,
afin de mieux armer l'ensemble de la profession et d'aider ses membres à promouvoir leur expertise?

Les communications devront se limiter à 20 minutes. Votre proposition de communication devra contenir les deux documents suivants :
1) Un résumé en format Word de 300 mots, lequel sera inclus dans le programme du colloque.
2) Le formulaire ci-dessous dûment rempli. Les renseignements du formulaire ne serviront pas à évaluer la qualité de votre proposition, mais seront inclus à la demande de subvention que l’ACT présentera au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).

Veuillez envoyer votre proposition aux organisatrices, Sylvie Vandaele et Pier-Pascale Boulanger, à actcats2013@gmail.com au plus tard le 9 octobre 2012.

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